Anonyme

Proche d'un(e) accidenté(e) - le Décembre 2016 à Charente-Maritime

Mon amour est mort

Ce matin-là, je pars avant toi. Tu es tout chaud, si vivant. Je t’embrasse et te recouvre de la couette. Une belle matinée s’annonce, et je sais que je vais te retrouver dans l’après-midi.
Tu pars peu de temps après moi, tu prends ta voiture pour rejoindre ton lieu de travail. Au carrefour, tout se passe en une fraction de seconde : un chauffard, alcoolisé et lancé à vive allure, ne s’arrête pas au stop. Il te percute si violemment que tu meures sur le coup.
Je me rappellerai toujours du moment où l’on m’a annoncé ta mort. Ça n’était pas possible, pas toi qui était si fort et si courageux. Pourtant les jours passent et tu ne m’appelles plus, je n’entends plus tes rires, tu ne me prends plus dans tes bras. Je suis forcée d’admettre que l’on ne pourra plus rien construire ensemble, et que je devrais me contenter des souvenirs des merveilleux moments que j’ai passé à tes côtés.
Ta famille, tes amis, et moi, nous continuons de vivre, car nous avons cette chance et que c’est ce que tu aurais voulu, mais une douleur restera à jamais gravée dans nos cœurs. A 27 ans, j’ai perdu ma légèreté et j’ai pris conscience que tout pouvait s’arrêter en une fraction de seconde.
Arrêtons de dire que « non, ça n’est pas grave d’aller trop vite », ou que « non, je n’ai bu que quelques verres »… La vitesse et l’alcool tuent, et détruisent des cœurs et des vies. Responsabilisons-nous.