Mélodie

Accidenté(e)

Une nuit de 2005, le 18 juin, dans un accident de la route provoqué par un conducteur alcoolisé...

Une voiture percute un arbre, à droite par rapport à son sens de circulation. Dans cette automobile 2 morts dont notre unique fille, Mélodie, que nous aimons et chérissons par-dessus tout. Elle allait avoir 19 ans le 26 du mois.
Il nous a fallu un an pour relever en partie la tête, pour nous rappeler que nous avions un fils qui avait lui aussi besoin de nous.

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Sans vivre comme nous le faisions par le passé, une chaise restant toujours vide à table, nous avons décidé de partir en lutte contre l’insécurité routière. Nous avons décidé d’aller à la rencontre des jeunes. Nous avons décidé de mettre à leur disposition différents moyens d’aide et d’aller nous entretenir avec eux là où ils se trouvent.
Nous nous rendons dans les établissements scolaires, en discothèques, sur les fêtes locales, sur les concerts et festivals. Enfin, nous faisons notre maximum pour tenter de les convaincre qu’ils sont les seuls à choisir leur avenir, leur façon de se comporter. Ils ont le choix de leur conduite et par conséquence de vivre.
Depuis 2006 nous nous battons tous les jours, pour tous, sans exception, qu’ils aient 2 ans, 20 ans, 40 ans, 60 ans ou plus. Nous réclamons en permanence une meilleure sécurité sur les routes.
En cela, nous sommes aidés par les services de l’État mais aussi par les services départementaux car nous poursuivons tous le même objectif : que le nombre d’accidents diminuent sur nos routes et que le nombre de tués, de blessés, directs ou indirects soit en baisse.

Perdre un enfant est une épreuve subie dont les parents, les frères, les sœurs, tous les membres de la famille ne se remettent jamais et pourtant il faut survivre, faire semblant car la plupart des personnes ne comprennent pas que, plusieurs années plus tard nous ne soyons pas passés « à autre chose ». Les comportements à notre égard en disent long sur l’incompréhension des tiers.

Malgré tout et au risque de perdre certains liens familiaux, nous continuerons à nous battre, à faire passer ce message : « Cela n’arrive pas qu’aux autres et nous sommes responsables de nos comportements ». Une fraction de seconde suffit à détruire des vies heureuses, à les transformer en enfer permanent. Nous ne sommes pas systématiquement responsables des drames que nous subissons, de nos vies gâchées à jamais. Nul n’est à l’abri d’un tel drame. Chacun d’entre nous doit se sentir concerné.